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Comment faire un problème en tentant de le résoudre

Qu’est-ce qu’un problème?

En matière de relations humaines, on appellera problème une situation qui génère un état émotionnel insatisfaisant, inconfortable pouvant aller jusqu’à l’état de souffrance.

T'as un problème

T’as un problème

 « Mon manager est insupportable, je ne peux plus le croiser sans avoir envie de l’agresser », 

« Ma collaboratrice n’est vraiment pas autonome, elle est incapable de prendre une initiative », 

« Les participants de cette réunion, n’étaient vraiment pas motivés. Ils me l’ont bien fait sentir lorsque j’ai pris la parole. Ils ont réussi à faire voler en éclats ma bonne volonté et mon envie de travailler avec eux »

 

Nous traversons un problème, comme un marin traverse une tempête : c’est fatigant, stressant, on se sent seul et plus rien d’autre n’a d’importance que de rester à flot.. Et cela dure et s’installe, le déséquilibre devient quotidien, bref que nos pensées sont envahies, et le problème grignote l’ensemble des activités habituelles de notre vie.

Les pièges et les impasses du changement

La plupart du temps il nous semble que nous mettons tout en oeuvre pour que l’émotion négative s’arrête. Nous avons besoin d’être soulagé de cette « prise de tête » qui nous agace, nous décourage, nous attriste, nous frustre, nous fait peur… et surtout nous mange notre énergie.

Voici comment nous pouvons facilement réussir à échouer !

1 – S’enliser en cherchant les causes

Un réflexe bien humain (mais pas forcément efficace) est de chercher les causes du problème, le fameux « pourquoi ». Dans les problèmes relationnels, cela revient à chercher qui a tort et qui a raison ou encore à trouver les explications à partir de l’interprétation d’éléments du passé. Dans les problèmes conflictuels par exemple, la réponse au pourquoi revient à désigner l’autre comme étant l’enfer!

Malheureusement, personne ne peut se vanter d’être certain de l’explication qui serait à la racine du mal. La tendance générale est de fouiller dans le passé pour reconstituer une histoire, une origine du problème. Et bien sur, nous nous arrangeons pour que la mauvaise graine, celle qui a fait pousser le problème, vienne d’ailleurs : de l’autre, de notre environnement, de notre histoire, de nos parents… En évitant soigneusement  de regarder en quoi notre comportement fait partie inhérente du problème.

Ainsi, la tendance est à la spéculation et aux interprétations des comportements de l’autre : « Je sais ce que tu prépares et je sais pourquoi tu fais cela ». Poser des étiquette , en pensant comprendre le comportement de la personne avec qui on a le problème, est un jugement qui enferme et valide les croyances qui posent problème : « L’enfer, c’est l’autre »!

2 – Se focaliser sur les solutions

Notre problème ayant trouver son origine, nous connaissons cet élan de l’esprit et des émotions qui nous pousse à en sortir le plus vite possible.  C’est donc évident « Je sais ce qu’il faut faire » Pourtant, en essayant de s’en sortir, on s’aperçoit qu’on ne s’en sort pas…voire même, plus on cherche à s’en sortir, pire c’est ! Nos propres tentatives de solutions nous mènent au constat d’échec et d’impuissance et nourrissent le problème qui devient, tel un sumo, de plus en plus fort et de plus en plus gros. En réalité, nous réitérons d’une manière ou d’une autre nos comportements appris dans le passé, sans être capable de nous rendre compte qu’ils sont inadaptés dans la situation vécue.

Ainsi, nos propres tentatives de solutions deviennent le problème, puisqu’elles entraînent plus de la même chose qui ne fonctionne pas!

Une méthode de résolution de problème relationnel en 5 questions

Voici un guide de résolution de problème qui s’appuie sur un questionnement stratégique. Le modèle à l’origine de cette grille vient de l’Ecole de Palo Alto et du MRI.

1 – Quel est le problème ? : demandez vous « Qui fait quoi quand, comment et à qui? ». Répondez avec simplicité à la question « En quoi est-ce un problème pour moi? »

2 – Quel est votre objectif ? Quel serait le plus petit progrès concret ? Comment pourriez-vous constater que vous l’avez atteint ?

3 – Qu’avez-vous déjà tenter pour résoudre le problème et depuis combien de temps ?Faites la liste de ce que vous avez dit ou fait pour que cela change. Notez ce qui a un peu fonctionné et pas du tout fonctionné (vos tentatives de solutions inopérantes)

4 – Comment vos tentatives de solutions amplifient le problème ? Qu’est-ce que votre interlocuteur (celui qui pose problème) peut comprendre de vos tentatives infructueuses ? Dans l’art de la guerre, vous devez tenir compte des réactions de votre ennemi

5 – Que pourriez-vous faire à la place afin que votre interlocuteur comprenne mieux vos intentions ? Selon vous quel nouveau comportement adopter, pour augmenter les chances que votre interlocuteur change quelque chose ?

C’est souvent l’arrêt des tentatives de solutions inopérantes qui redonne de la liberté au système en déséquilibre. Ainsi si l’on cesse de faire plus de la même chose qui ne fonctionne pas, la plupart du temps, la situation et les émotions associées s’apaisent.

Vous pouvez considérer pour cela que faire le contraire de ce qui ne fonctionne pas est une excellente solution.

Pour aller plus loin, je vous incite à lire « Comment réussir à travailler avec presque tout le monde » de Lucy Gill. Ce ouvrage est plein d’exemples systémiques de résolution de problèmes dans le contexte du travail. Vous y trouverez surement quelques situations qui vous ressemblent.

Le coaching systémique et stratégique obtient d’excellent résultat dans le domaine de la résolution de problèmes relationnels dans le monde du travail.

Joëlle Ankaoua

 

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